Michel Petrucciani (1963 - 1999)

Piano

      Je joue toujours pour les gens. Je souhaite qu'après chaque concert ils partent heureux et qu'ils souhaitent revenir. Ma musique n'est pas intellectuelle mais sensuelle et chantante. Enchantante. Je veux qu'elle batte avec le coeur et qu'elle soit simple. je joue pour plaire et pour communiquer. Mais ce n'est pas parce que ma musique plaît qu'elle est pour autant commerciale. J'essaie seulement d'appliquer de plus en plus la leçon des grands ma&icric;tres : Moins, c'est toujours plus.
Michel Petrucciani
      Michel petrucciani était plus petit qu'un piano mais il a su s'en servir magistralement. Il a développé son style dans la lignée de Bill Evans et McCoy Tyner. Sa musique emprunte au jazz 'commercial' son côté facile et répétitif mais on ressent la communication entre les musiciens, les belles phrases et les belles notes dans tous ses enregistrements. C'est un artiste connu car il exprime sa générosité dans son jeu.

   Ces albums sont selon nous ce qu'il a fait de meilleur, ce qu'il faut écouter en priorité.
Michel Petrucciani : ses débuts en France avec Aldo Romano (batterie) et Jean-François Jenny Clark (basse). Il avait 18 ans.
Oracle's Destiny : en solo dans les années 80. oracle's destiny
Pianism : produit par Blue Note, un trio avec de très bons musiciens, un peu dans le style de Bill Evans. face's face
Michel Plays Petrucciani : un album en trio qui tire vers le mauvais goût des annés 80 (c'est l'époque qui veut ça). she did it again
The Power of Three : en trio avec wayne shorter au saxophone et Jim Hall à la guitare. Pas très bon. titre inconnu
Conférence de Presse : en duo avec l'organiste français Eddie Louis en 1995. Excellent. les grelots
Flamigo : quartet avec Stéphane Grapelli (l'inventeur du violon jou&eacue; dans le jazz manouche) et Roy Haynes à la batterie. little piece in C for U
Au Théatre des Champs Elysées : Son meilleur album en solo. Le morceau "medley of my favourite songs" (en extrait) dure 45 minutes. medley of my favourite songs
Both Wolrds : un sextet de variété mais composé des bons musiciens. petite louise
Solo Live : son dernier concert enregistré. A l'image du concert au Théatre des Champs Elysées. ChloŽ Meets Gershwin
Trio in Tokyo : avec le batteur et le bassiste de Both Worlds (Steve Gadd et Anthony Jackson). september second
Concerts Inédits : un album posthume de Drefus Jazz composé de trois CD : un bon enregistrement solo de 1994, un excellent duo avec NHØP et un trio assez mauvais. Beautiful Love (en duo)


      C'est en voyant jouer son père, qui était guitariste de jazz manouche, que Michel Petrucciani voulut jouer de la musique. Malgré son handicap, il a travaillé le piano sans relache de 4 à 15 ans. Son père lui avait fabriqué des rallonges pour qu'il puisse atteindre les pédales du piano. Il les utilisera toute sa vie.
      A quinze ans, il joue avec Kenny Clarke (l'inventeur de la batterie jazz). A seize ans, il joue à Paris avec Aldo Romano et Jean-François Jenny Clark et a 18 ans il enregistre avec eux son premier album (à notre avis : son meilleur trio). C'est à ce moment qu'il décide de partir pour la Californie. Il répondait à une invitation plutôt vague que lui avait faite le batteur Tox Drohart qu'il avait rencontré dans le sud de la France. Lorsque Michel Petrucciani débarqua à San-Francisco sans prévenir et sans le sou, Tox Drohart le conduisit chez Charles Lloyd : un grand saxophoniste des annés 60 (ce que Michel Petrucciani ignorait). Cette recontre ranima le désir de musique chez le saxophoniste qui avait quitté les studios pour son jardin une décennie plus tôt. Ils formèrent un groupe et ce fut le début de la carrière internationnale de Michel Petrcuccian.
      C'est aux Etats-Unis qu'il rencontrera les grands jazzmen de l'époque : Jack de Johnette, Roy Haynes, Tony Williams, Wayne Shorter, Joe Henderson, Gary Peacock, Freddie Hubbard... C'est &agtrave; cette époque qu'il est le premier muicien français à signer chez Blue Note et il y enregistrera 7 albums. C'est aussi à cette époque que son jeu prend un côté variété, influencé par le néant musical des annés 80. Les albums de cette période son loins d'être bons musicalement.
      Avec les annés 90, il va faire cohabiter ses expériences de variété avec les musiciens américains et le piano solo où il faut reconnaître qu'il excelle. C'est ce contraste qui marque les derniers albums de Michel Petrucciani, ses albums avec Steve Gadd (qui joue comme un rocker) et Anthony Jackson (qui sait bien jouer quand il veut) ont une esthétique trop variété mais ses concerts en solo sont excellents. Particulièrement, le "medley of my favourite songs" qu'il jouera dans plusieurs concerts. Il y enchaîne des standards de jazz et aussi ses compositions, par exemple au Théatre des Champs Elysées il joue Maiden Voyage, Automn Leaves, Rachid, Caravn, ...
      La fin de sa vie a été marquée par la maladie, on entend ses difficultés à respirer sur les enregistrements de ses concerts en solo. Mais il laisse derrière lui beaucoup de bons enregistrements et une école de jazz qu'il a montée à New York. Il n'était pas comme nous, mais plutôt comme nous devrions être : absolument joueur devant la vie.
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